LA PAROLE  AUX FEMMES, PERES ET  ENFANTS

Nous devons nous interroger sur la nature des liens parent-enfant et pouvoir reconnaître les signes d’une parentalité défaillante.

Quand livré totalement à ses pulsions le père violent ignore les lois et est prêt à toutes les agressions. Cette violence prend sa source à travers les problèmes personnels : c’est d’ailleurs « l’excuse » souvent employée. La mère veut croire que les problèmes réglés de son mari, celui-ci serait capable de lui manifester de l’intérêt, en réalité elle reconnaît son incapacité à aider son mari, mais ne peut pas le quitter.

Elle reste pour les enfants et le quittera quand les coups paternels n’épargneront pas les enfants. Le sentiment de culpabilité de la mère se ressent quand elle quitte le foyer conjugal, dans certains cas le chantage affectif et financier oblige la mère à rester au sein du foyer.

Quand des enfants sont meurtris, quand des adolescents sont fragilisés, il y a souvent dans leur histoire de la vie des rapports de force qui les ont privés de leur qualité de sujet.

Les enfants se développent dans les ressources  et les problèmes des adultes qui les entourent. Ils portent leurs valises, leur monde prend sens  dans les émotions et les discours qui sont tenus autour d’eux.

L’enfant, les fratries ont besoin d’une présence soutenante au quotidien, présence que leur mère n’est pas toujours en mesure de leur apporter sans un soutien extérieur.

Certains enfants à l’âge de l’adolescence s’identifient fortement au père, ils ne recherchent aucune autre image d’identification, ni dans leurs familles, ni à l’extérieur, et développe un manque de communication avec les autres. Un besoin apparaît autour de la fonction parentale et l’écoute des femmes battues. C’est à travers la compréhension de ce qu’est la fonction parentale et le soutien aux femmes battues que la question se pose quand la vie de l’enfant et de la mère se trouve physiquement en danger.

Ces femmes, ces mères crient en silence leurs douleurs et ne trouvent pas d’écho, à qui parler sans être jugé ? Et puis partir pour aller où, sans moyens financiers, pour certaines sans qualifications ? La peur du jugement, le regard de l’autre, passer pour une mauvaise mère, ou une mauvaise épouse, pour elles le verbe aimer se conjugue avec souffrance.

Comment avouer à leurs familles, leurs amis, que l’homme avec qui elles partagent leurs vies, les viols, les insultes, les frappes, elles ne représentent rien, juste un objet de tous ses fantasmes. Alors elles subissent et chaque jour les coups fondent de plus en plus mal physiquement ou psychologiquement, la peur les tétanise et les empêche de penser et de parler. Cette violence subie laisse de profondes blessures. La mère se trouve dans une marginalité sociale, d’exclusion qui prend une forme d’enfermement dans l’espace familial.

Le lien social est interrompu par l’isolement, plus de communication, plus d’amis, et finit par se retrouver prisonnière. Cette prison sans barreaux qui les détruit à chaque instant et leur fait perdre leurs identités. Comment exprimer leurs peurs, leurs angoisses quand leurs appels restent sans appel. Face à elles même, elles perdent la notion du « je ».

Pour parler il faut parfois des années, pétrifiées par la honte, elles masquent les blessures avec des couleurs arc-en-ciel et font semblant d’être heureuse. Aucun mot n’est assez fort pour exprimer la douleur, elle se vit et ne se parle pas. Dans l’accompagnement des femmes battues, la réponse n’est pas d’emblée évidente.

Nous devons agir autour des contours du système familial. Le regard que les autres portent des parents en difficultés a un impact sur le devenir des enfants. Les enfants abusés sexuellement par un père le plus souvent alcoolisé. C’est pourquoi il importe de se concerter entre intervenants pour construire un système d’intervention rigoureux qui puisse gérer de façon utile leur accompagnement.

Pour beaucoup de mères, les enjeux psychoaffectifs sont tels, qu’elles acceptent le sentiment d’échec, d’impuissance et de culpabilité par épuisement. La mère enclenche un processus morbide.

Le secret des femmes battues, c’est le cheminement obscur dans l’histoire des familles, c’est l’alchimie des douleurs, des gémissements, des cris et des mensonges durant des années.

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